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L'atterrissage en douceur de la Réserve fédérale américaine

Robert Currie, CFA

Janvier, 2024


Un atterrissage en douceur de l’économie, est-ce possible? Robert Currie, gestionnaire de portefeuille, nous donne ses perspectives sur les différents facteurs en jeu et leur impact potentiel sur les marchés financiers.



En fin d’année 2022, les experts et les investisseurs professionnels auraient jugé très peu probable que la Réserve fédérale réussisse ce qu’elle appelait un atterrissage en douceur. Le marché a cependant semblé changer d’avis après la présentation de la dernière série de données économiques, ce qui a permis à la Fed d’adoucir le ton en matière de politique monétaire.


Il est toujours difficile de rédiger un commentaire général sur « le marché », comme s’il s’agissait d’une seule entité. Toutefois, j’aimerais aujourd’hui vous expliquer comment la dégringolade du marché boursier pendant la plus grande partie de 2022 et la reprise que nous avons connue depuis découle d’un important changement dans le discours sur les taux d’intérêt et l’inflation. D’autres facteurs ont également joué un rôle, notamment l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle, les dépenses de consommation soutenues et les projets d’infrastructure à l’échelle mondiale. Peu importe le secteur, l’optimisme général à l’égard des prix des actifs est de nouveau présent dans les marchés financiers.


Revenons un peu en arrière. Lorsque l’inflation a commencé à augmenter partout dans le monde, il y avait un problème avec les biens. Les fermetures liées à la COVID-19 et la hausse des prix des produits de base avaient fait grimper les coûts des intrants pour les biens matériels. C’est à ce problème que les banques centrales ont d’abord réagi. Cette hausse de l’inflation a forcé les banques centrales à augmenter leurs taux directeurs et à réduire leurs bilans pour refroidir leurs économies respectives, tandis que les chaînes d’approvisionnement rattrapaient les retards.


Les experts et les investisseurs professionnels, et même la Réserve fédérale elle-même, étaient convaincus que l’inflation était transitoire. Même si les taux d’intérêt à court terme étaient passés de 0 % à plus de 5 % en raison des hausses de taux, les taux à long terme étaient passés d’environ 1,5 % à plus de 4 %, une augmentation de seulement 2 % à 3 % en comparaison, ce qui laissait entendre que les taux à court terme ne demeureraient à ce niveau élevé que pendant une courte période.


Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a reconnu qu’il y avait un risque d’une récession alors que le Federal Open Market Committee (FOMC) relevait les taux, mais il envisageait plusieurs scénarios qui permettraient de réaliser un atterrissage en douceur alors que la hausse des taux d’intérêt entraînerait un fléchissement de la demande, et non une récession. Il y aurait alors une détente du marché du travail et l’inflation serait atténuée. La Réserve fédérale abaisserait ensuite les taux d’intérêt pour ramener une croissance économique et des prix stables. Cependant, très peu de gens considéraient que tout cela était véritablement réaliste.


Le discours relativement à un atterrissage en douceur a été le même depuis le début. En revanche, les détails concernant la façon dont cet objectif serait atteint sont demeurés très vagues. Après avoir subi une si forte hausse des prix des biens, les travailleurs ont réclamé des hausses salariales afin de pouvoir composer avec le coût de la vie plus élevé. Puisque les possibilités d’emploi étaient élevées et qu’il n’y avait pas suffisamment de travailleurs pour les combler, les entreprises ont accepté. Les entreprises ont ensuite exigé des prix plus élevés pour absorber leur structure de coûts plus élevés et, compte tenu de la vigueur des dépenses de consommation, les consommateurs ont accepté. C’est ainsi qu’a commencé un cycle d’inflation plus ancrée (c’est‑à‑dire non transitoire) imputable aux services et à la main-d’œuvre plutôt qu’aux biens.


Ce passage d’une inflation transitoire à une inflation ancrée a entraîné une autre hausse des taux d’intérêt à long terme et une forte volatilité du marché boursier. Le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans a flotté au-dessus de 5 % à la fin d’octobre de cette année, parallèlement avec les commentaires de la Fed sur la possibilité d’une nouvelle hausse des taux à court terme.


Le tableau ci-dessous présente à la fois les attentes en matière d’inflation et les rendements réels (rendements obtenus après l’inflation). Les attentes inflationnistes ont été beaucoup moins volatiles que les rendements réels qui ont chuté au début de la pandémie avant de grimper rapidement par la suite, pour ensuite connaître une deuxième vague pendant la deuxième moitié de l’année, alors que le discours sur l’inflation ancrée se confirmait.




Cependant, les taux ont considérablement diminué depuis ce temps. Les rendements réels ont perdu près de 1 %. Ce recul des taux d’intérêt s’est déjà traduit par des données plus solides sur l’habitation aux États-Unis, une augmentation des prix du bois d’œuvre et un retour de la confiance sur les marchés financiers. Tous ces facteurs indiquent que l’inflation et les taux d’intérêt demeureront élevés.  


En fin d’année 2023, le marché s’attendait à ce qu’il y ait six réductions de taux l’an prochain à compter de mars, ce qui représente une baisse d’environ 1,5 % des taux d’intérêt à court terme d’ici la fin de l’année, tant au Canada qu’aux États-Unis. Cela se produira uniquement si l’inflation demeure maîtrisée. Si ces réductions de taux ne se produisent pas, il est presque certain que la valeur des actions et des actifs à long terme chutera.


De nombreux facteurs continuent de pousser l’inflation à la hausse, notamment la relocalisation des chaînes d’approvisionnement, les nouvelles conventions collectives, les offres d’emploi qui demeurent supérieures au nombre de personnes à la recherche d’un emploi, la transition vers l’énergie propre, la construction d’infrastructures dans le monde entier, les importants déficits gouvernementaux, et j’en passe.


Que peut-on conclure? L’heure n’est pas à la chasse aux rendements et les investisseurs devraient adopter une approche prudente à l’égard des actifs à risque et à long terme. Il est possible que le marché ait raison et que la récente baisse des taux ne ravive pas l’inflation; toutefois, le risque de ralentissement semble prépondérant.  




Robert Currie, CFA est Gestionnaire de portefeuille chez Placements Louisbourg. Vos commentaires et questions peuvent être soumises par courriel à robert.currie@louisbourg.net, ou vous pouvez le rejoindre au (506) 383-5229.






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Cet article est pour information générale seulement et ne constitue pas des conseils financiers, fiscaux, comptables ou légaux. Les opinions exprimées dans cet article sont propres à l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions de Placements Louisbourg.

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